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Auteur
: Docteur Thierry HABRAN
Diplômé de l'Ecole Nationale Vétérinaire
d'Alfort (1982)
Vétérinaire Comportementaliste.
Diplômé des Ecoles Vétérinaires
de France (2000)
Consultant à "France Bleu - Alsace" |
Le chiot lorsquil
arrive à la maison nest généralement
pas propre surtout sil est acquis vers 2 mois ce qui est
le plus souvent le cas.
Une des préoccupations majeures des propriétaires
est (à juste titre) lacquisition de la propreté.
Il semble donc opportun de rappeler ici les grandes lignes de
cette éducation et dévoquer quelques causes
de malpropreté.
Etre propre
pour un chiot, cest simplement faire ses besoins hors du
nid cest à dire hors de lendroit ou il dort.
Nous sommes donc bien loin des attentes hygiéniques des
propriétaires de chiens et la propreté telle que
nous la définissons ne peut résulter que dun
apprentissage.
Pour apprendre un comportement deux méthodes sont couramment
utilisées : la punition et la récompense.
Si la punition est souvent la méthode de choix pour beaucoup,
nous pensons que la récompense est préférable
car dune part elle est plus efficace et dautre part
elle crée un apprentissage basée sur la confiance
(la crainte nétant quand même pas la meilleure
des motivations).

I/ LA BONNE
METHODE
Il faut commencer
très tôt . Un chiot de 8 semaines est capable dêtre
propre le jour en quelques semaines et complètement vers
le quatrième mois. Pour atteindre cet objectif, il faut
se poser les questions suivantes : quand sortir le chiot ? où
le sortir ? quelle attitude adopter ?
Quand
sortir le chiot / combien de temps?
Un chiot
de 2 mois a généralement une vie bien réglée
et fait ses besoins sensiblement aux mêmes moments. Lenvie
duriner et de déféquer apparaît dans
les minutes qui suivent les repas ou le réveil. Le maître
attentif repèrera rapidement ces moments et saura réagir
judicieusement.
Une fois
dehors le maître attend que les mictions et les défécations
se produisent (cest parfois long au début !) et les
récompensera. Il est important de ne pas rentrer immédiatement
sinon le chien assimile le fait de faire ses besoins à
la fin de la promenade et, pour prolonger celle ci, retardera
dautant ses comportements éliminatoires ( il peut
aller jusquà se retenir et faire ses besoins dans
lascenseur ou le couloir !).
Où
le sortir?
Même
si tous les vaccins ne sont pas encore réalisés,
il est important de sortir le chiot. Si on habite en ville, cela
permettra au chiot dapprendre rapidement le caniveau et
de shabituer rapidement à son environnement urbain.
Si on dispose dun jardin il faut néanmoins se donner
la peine daccompagner le chiot dehors et également
de lemmener faire ses besoins dans la rue, ne serait ce
que pour lui apprendre à faire ses besoins en laisse.
Quelle
attitude?
La récompense
est un processus qui augmente la probabilité dapparition
dune réponse comportementale. Pour être efficace,
elle doit être agréable, inhabituelle, donnée
à la fin de la séquence, dabord systématique
puis aléatoire.
En
pratique, comment faire ?
Dés
que le chiot fait ses besoins, il faut le récompenser chaleureusement.
Une caresse très démonstrative accompagnée
dun large sourire convient parfaitement. On peut également
créer un conditionnement supplémentaire en prononçant
un mot (pipi
) quand le chiot fait. Lutilisation dune
récompense alimentaire nest pas à conseiller
pour un apprentissage qui dure plusieurs semaines (on peut lenvisager
au tout début et la remplacer progressivement par des caresses).
La récompense
doit être donnée une fois l'élimination terminée
( c'est à dire quand le chiot, après lélimination,
a reniflé ses déjections). Si elle est donnée
trop tôt la séquence comportementale risque dêtre
amputée et si elle est donnée trop tard (en rentrant
à la maison) elle ne sert à rien.
Le maître doit être présent aux cotés
du chiot sinon la récompense ne vient pas au bon moment
ou le chiot risquerait dapprendre à sisoler
pour faire ses besoins (ce qui nest pas souhaitable).
La récompense doit être systématique au début.
Quand lapprentissage est bien installé, elle devient
aléatoire puis finira par être supprimée.
Cest
dans un deuxième temps seulement que lon peut utiliser
en plus une " punition " qui consiste à interrompre
le chiot en tout début de séquence ( en disant NON
dune voix forte) lorsquil veut faire à la maison.
Quelques
embûches
Il faut être
conscient quun chiot ne peut pas être parfaitement
propre avant lâge de 4 mois. Ce nest pas parce
quil y a quelques accidents quil faut remettre en
cause la méthode éducative.
Un point
important est de ne pas nettoyer les déjections dans la
maison en présence du chiot. En effet, en se mettant accroupi
pour ramasser on reproduit une posture dappel au jeu (le
chiot vient dailleurs souvent jouer avec la serpillière)
et on récompense ainsi involontairement la malpropreté
!
Il faut également
éviter de nettoyer avec des produits javellisés
ou ammoniaqués qui laissent une trace olfactive et attirent
le chiot à cet endroit.
II/ AUTRES
METHODES
Le journal
Cette technique
consiste à apprendre au chiot (en utilisant des récompenses)
à faire sur du papier journal. Cette méthode, encore
très souvent conseillée, est séduisante de
prime abord car le chiot apprend très vite à ne
faire que sur son journal et on a donc pas à ramasser de
déjections aux quatre coins de lappartement. Par
contre avec cette méthode, le maître sinvestit
peu et le chiot apprend quasiment seul ; linconvénient
est quil apprend ce quil veut :
Faire du
journal le support délimination préféré,
de sorte quil se retient en promenade et attend le retour
à la maison pour se soulager.
Faire de
lendroit choisi ses " latrines " personnelles.
Ainsi il risque de continuer à faire ses besoins à
cet endroit même sil ny a plus de journal.
Apprendre tout simplement quil est autorisé de faire
dans la maison.
Le
" nez dedans "
Il sagit
de la méthode la plus fréquemment conseillée
par lentourage (belle sur, voisin, concierge
.).
Le principe est de " lui coller le nez dedans " deux
ou trois fois et le chiot devient propre comme par miracle ! Dans
la pratique cette attitude conduit bien souvent à léchec
au grand désespoir du propriétaire. Pour quelles
raisons ?
Le chiot
finit par associer le fait de faire ses besoins en présence
du maître à une punition . Il va tout naturellement
chercher à saffranchir de la présence du maître
et sil peut aller se cacher au fond du jardin il le fera.
Dans ce cas le chien nest pas " sale " mais on
ne peut pas dire non plus quil est propre (il est par exemple
incapable de faire en laisse).
Pour éviter
de subir les colères du maître le chiot peut également
choisir de faire disparaître ses déjections : "
pas vu pas pris !!!! ". Il s agit là dune
cause importante de coprophagie.
Cette méthode
coercitive nuit à linstallation des rapports amicaux
entre le chiot et son maître. A lextrême, on
peut voir se développer des troubles anxieux chez le chien.
On doit donc
définitivement bannir cette méthode de notre répertoire
éducatif.
III/ SI
LA MALPROPRETE PERSISTE
Nous lavons
déjà dit, pas daffolement jusqu'à 4
mois car nombreux sont les chiots qui ne sont pas propres avant
cet âge. Si les problèmes persistent au delà
du quatrième mois il faut sen inquiéter. On
entend souvent dire que telle ou telle race nest jamais
propre avant un an, ou bien que cest normal et que "
le temps va bien arranger les choses " etc etc
Tout
cela est faux bien entendu .
De nombreuses
causes peuvent être à lorigine dune malpropreté
et nous ne les détaillerons pas ici mais nous pouvons citer
:
* les causes
organiques : cystites, malformations congénitales, troubles
de la digestion
* certaines pathologies comportementales : anxiété
de séparation, troubles de la hiérarchie, dépressions.
Dans ces
cas, la visite chez le vétérinaire simpose.